Pharrell Williams, le sorcier des sons
De Jay-Z à Beyoncé en passant par Snoop Dogg, Justin, Nelly et même les Frenchie de Cassius... tout le monde se les arrache ! Pour la première fois, les producteurs Pharrell Williams et Chad Hugo (aka The Neptunes) ont eu la bonne idée de réunir leurs hits sur l'album "Star Trak Presents ... Clones". De quoi patienter avant la deuxième galette "Fly or Die" tant attendue des N*E*R*D, leur projet parallèle en octobre...
Déjà dans les bacs, "Clones" contient un morceau de Ol' Dirty Bastard, le premier enregistré depuis sa sortie de prison en mai dernier, et bien sûr la bombe "Frontin'" de Pharrell Williams featuring Jay-Z. Rencontre avec le serial killer du hip hop.
MTV : Tu as récemment déclaré sur MTV que Michael Jackson était la personne que tu admirais le plus. Bosser avec lui, ça reste un rêve pour toi ?
PHARRELL : Michael..., il est tellement énorme ! J'avais même lancer l'idée d'une reality sitcom dans laquelle on pourrait nous voir – Michael et moi – en train de faire un album. On a bien filmé la vie des Osbourne. Alors pourquoi pas nous suivre pas en train de faire de la bonne musique ? Michael serait fou !
MTV : Il y a deux ans, juste après le live de Britney aux VMA pour "I'm A Slave 4 U", le morceau que tu avais produit pour elle, tu avais qualifié cette performance de moment phare pour les Neptunes. Vous avez connu d'autres moments aussi forts par la suite ?
PHARRELL : Tout ce qu'on fait est important. La sortie de cet album ["Clones"] est un moment fort pour nous. On a tellement produit pour d'autres que sortir un disque sur notre label Start Trax est une grande victoire. Et quand je vois comment "Frontin' " cartonne... Je sais, j'ai déjà dit ça un million de fois déjà, mais p-----, j'arrive pas à croire tout ce qui nous est arrivé !
MTV : Est ce que tu penses avoir une influence sur la mode ? Tout le monde, de Jay-Z à Justin Timberlake en passant par J-Lo, a porté des casquettes de routiers ou des treillis comme toi !
PHARRELL : Oui, ça me prend la tête mais c'est comme ça. En même temps, je suis content. Même les filles viennent me voir pour me montrer leurs [Nike] Dunks. Je me souviens que ces pompes étaient super chères, parce qu'introuvables aux Etats-Unis. Tu devais aller sur Internet pour les acheter à 200 $. C'est fou de savoir que des gens sont prêts à copier mon look. Mes potes me disent : "mais qu'est ce que tu fous, là ?". Mais moi je fais pas gaffe à tout ça. On ne devrait pas en faire tout un plat.
MTV : Toi et ton partenaire, Chad Hugo, êtes probablement deux des producteurs les plus demandés de la scène hip hop US. Vous avez l'attention de lever un peu le pied ?
PHARRELL : Il ne faut pas penser à ça... Après, tu commences à te la jouer et tu n'es plus aussi bon. Il faut se dire qu'on peut toujours faire plus. Tu ne peux pas regarder par-dessus ton épaule en disant : "hé, tu sais ce que j'ai fait ?" Parce tu n'es pas pour grand-chose dans tout ça. Tu as simplement fait ce que tous les artistes font. Le public te suit, c'est lui qui fait ton succès.
MTV : Parmi les projets, il y a ce titre "Lose Your Soul" extrait de la B.O.F. de "Bad Boys II" avec P. Diddy, Lenny Kravitz et Loon. Comment s'est passée cette collaboration ?
PHARRELL : C'était plutôt intéressant. J'ai du respect pour Puff et pour Lenny aussi... Ils représentent le meilleur des deux mondes. Puff domine la scène R&B, hip-hop et pop, et Lenny la scène rock. Alors pour moi, bosser avec deux légendes comme ça, c'était de la balle.
MTV : Tu sais que maintenant les gens sont prêts à écouter tous les morceaux auxquels ton nom est associé. Tu ne peux plus participer discrètement à un projet.
PHARRELL : Ca fait peur, mais bon, j'adore ce que je fais. Il n'y a rien de plus agréable que de se mettre au boulot avec quelqu'un et de créer quelque chose qu'un tas de gens vont écouter. Je n'arrive pas encore à croire que ça soit possible. C'est impossible pour moi de m'habituer à ça. Tu commences à t'y faire quand tu te considères comme un artiste à part entière. Mais moi je ne suis pas du tout dans le trip artiste. Même si j'adore créer et jouer de la musique. Mon clavier, c'est mon journal.
Propos recueillis par Shaheem Reid